Les joints de bride : Lesquels contiennent de l'amiante ?

Posted by

Simon Schneebeli; février 18, 2022

Il y a quelque temps, nous avons organisé un cours de sensibilisation dans une entreprise active dans l'entretien de bâtiments. Pendant la pause, un participant nous a montré son atelier, dans lequel il effectue égalemhauffeent de petits travaux d'entretien sur des c-eau, etc. Outre une courverture en amiante qu'il utilisait comme protection contre l'incendie lors de travaux de soudure, il nous a également montré sa collection de joints de bride : Lors de travaux de réparation, si les joints étaient intacts, il les conservait pour les remettre en place plus tard si nécessaire.

Nous avons éliminé la couverture amiantée de manière appropriée. Quand à la collection de joints de bride, nous l’avons récupérée.

 

Quels joints contiennent de l'amiante ?

Pour savoir quels joints d'étanchéité contenaient de l'amiante, le laboratoire Aatest en a analysé plusieurs. La question principale était la suivante : les joints rouges sont-ils vraiment les seuls à contenir de l'amiante, comme on l'entend régulièrement? Ou y a-t-il d'autres qui en contiennent?

La conclusion de l'analyse par Aatest est la suivante :

  • Joints rouges : Sur 6 joints analysés, 5 contenaient de l'amiante, un seul n'en contenait pas.

  • Joints verts : Sur 5 joints analysés, aucun ne contenait d'amiante.

  • Joints gris / noirs : sur 6 joints examinés, 3 contenaient de l'amiante et 3 n'en contenaient pas.

La teneur en amiante était d'ailleurs généralement supérieure à 50% d'amiante chrysotile.

 

Conclusion : la couleur est certes un indicateur. Mais il ne faut pas s'y fier !

 

Un autre indice : le nom

Nous avons ensuite pris contact avec la société Klinger. Cette entreprise est encore aujourd'hui leader dans la fabrication de ces joints. Klinger nous a confirmé qu'effectivement, il n'y avait pas que des joints rouges qui étaient fabriqués avec de l'amiante. De plus, il existent aussi depuis très longtemps des joints rouges, encore manufacturés aujourd’hui, ne contenant pas amiante.

Le nom est plus parlant : tous les joints dont le nom se termine par "-it" contenaient de l'amiante, p. ex. la Klingerite, l'Iilit ou l'Acilit. C'est pourquoi on parle aussi de "joints IT". Lors du passage à une production sans amiante, les noms ont ensuite été modifiés.

 

Le nom - pour autant qu'on puisse encore le lire - est donc un indicateur supplémentaire. Mais là encore, Klinger n'est pas le seul fabricant, et d'autres fabricants ont à leur tour utilisé d'autres noms.

Période d'application

L'entreprise Klinger nous a en outre confirmé que le dernier joint en amiante a été fabriqué chez elle au début des années 90, ce qui correspondait à la période de transition officielle jusqu'en 1995.

Il faut donc s'attendre à trouver des joints contenant de l'amiante même après 1995. Comme certaines entreprises avaient encore des stocks ou que d'anciens joints étaient régulièrement réinstallés lors de réparations, il faut partir du principe que des joints installés après 1995 peuvent encore contenir de l'amiante.

Potentiel de libération de fibres

Le laboratoire Aatest a confirmé que les anneaux d'étanchéité contiennent de grandes quantités d'amiante (> 50% de chrysotile). Mais : ils sont généralement durs. Ainsi, ils sont également classés comme fortement liés sur Polludoc (bien que certains joints aient plutôt la consistance du carton et devraient donc également être classés comme faiblement liés, par exemple pour les brûleurs de chauffage).

Dans le cadre d'une utilisation normale d'un bâtiment, on peut toutefois partir du principe que ces joints contenant de l'amiante ne présentent aucun risque pour les habitants ou les utilisateurs d'un bâtiment.

Qu'en est-il s'ils sont touchés par les travaux ? Interrogée à ce sujet, la Suva indique qu'en 2002, des mesures ont été effectuées lors de travaux de révision de moteurs pouvant contenir des joints du même matériau, notamment des joints de culasse. Lors du grattage et du ponçage des matériaux avec une aspiration à la source, des concentrations de fibres de moins de 30'000 à 70'000 LAF/m3 ont été mesurées, ce qui est nettement plus que la valeur VME de 10'000 LAF/m3.

Faut-il prélever des échantillons de ces joints ?

Dans le cadre d'une expertise de polluants du bâtiment, de tels joints ne sont généralement PAS échantillonnés, mais simplement classés comme "contenant de l'amiante" sur avis du diagnostiqueur, car l'expérience montre que pratiquement tous les joints antérieurs à 1990 contiennent de l'amiante. Inversement, la probabilité de trouver de l'amiante dans des installations installées après 1995 est faible. En conséquence, elles sont généralement considérées comme "non susceptibles de contenir de l'amiante".

 

Reste la question de savoir ce qu'il faut faire des joints datant de la période de transition entre 1990 et 1995. Il serait certainement faux de partir du principe que les joints ne contiennent plus d'amiante après l'interdiction générale de l'amiante en 1990.

L' approche pratique est la suivante : pour des joints uniques, une analyse n'est généralement pas rentable financièrement. Ils devraient alors être classés comme "contenant de l'amiante", car le prélèvement d'échantillons et l'analyse coûteraient plus cher qu'un retrait professionnel avec les mesures de protection appropriées. Seules les grandes quantités de joints datant de cette période de transition valent la peine d'être analysées.

Comment enlever de tels joints ?

La Suva différencie :

  • Joints individuels: Selon la fiche d'information Suva 84053, des joints individuels peuvent être enlevés par une entreprise avec des employés dûment instruits. Une protection respiratoire (masque FFP3) et une extraction à la source avec un filtre H sont nécessaires. De plus, il faut humidifier le matériau. Le meulage n'est pas autorisé.

  • Pour le traitement d’un nombre plus important de joints : ces travaux doivent être effectués sous confinement par une entreprise de désamiantage agréée par la Suva conformément à la directive CFST 6503. En pratique, notamment lors du démontage, les tuyauteries sont coupées des deux cotés des brides et les brides ainsi que les joints sont remis au désamianteur qui les démonte dans confinement hors site.

Alors comment gérer les appareils pouvant contenir de ces joints, p.ex. les chauffages, les chaudières, les pompes, les moteurs, etc. ? Il est probable que de nombreux appareils de ce type soient broyés et que les joints finissent ainsi au recyclage. Ce n'est pas l'idéal, mais pas non plus dramatique. Cependant, il serait souhaitable que les entreprises de recyclage améliorent leur pratique et forment leur personnel afin qu'ils puissent identifier correctement ces joints et qu'ils puissent (et soient autorisés à) les démonter de manière professionnelle. Jusqu'à ce que ce soit le cas, le mieux est que tous les appareils avec une année de fabrication avant 1995 soient remis à un désamianteur agréé par la Suva pour un démantèlement sous confinement.

 

Concernant l'élimination : Les joints contenant de l'amiante doivent être éliminés dans une décharge de type E. Certains cantons en Suisse Allémanique autorisent également l'élimination dans une usine d'incinération des déchets. L'élimination des joints encore installés dans la structure dans laquelle ils sont incorporés n’est pas autorisée en l’état dans une décharge.

Weitere News

Les crépis contiennent-ils souvent de l'amiante ? Y a-t-il des différences selon la région ? Les données des laboratoires peuvent fournir certaines indications sur ces questions.

Posted by: Simon Schneebeli; Mardi, 15 mar

Il y a quelque temps, nous avons organisé un cours de sensibilisation dans une entreprise active dans l'entretien de bâtiments. Pendant la pause, un participant nous a montré son atelier, dans lequel il effectue égalemhauffeent de petits travaux d'entretien sur des c-eau, etc.

Posted by: Simon Schneebeli; Vendredi, 18 fév
Le Centre de Formation BilBau (mot court pour "Bildungszentrum Bauschadstoffe Schweiz") a été créé en été 2018 et est aujourd'hui basé à Lenzburg où il dispose de ses propres locaux.
Depuis sa création, il a investi du temps et de l'énergie à améliorer son programme de formations de base, mais également à développer de nouvelles formations, par exemple sur de nouveaux procédés de désamiantage ou concernant la sécurité sur les chantiers de désamiantage.
Posted by: Simon Schneebeli; Mercredi, 14 oct

Dans le cadre d’un diagnostic avant travaux, il est souvent nécessaire de prélever des peintures techniques et de les analyser par rapport aux PCB. Pour ensuite déterminer la filière d’élimination, on peut calculer la teneur en PCB sur toute l’épaisseur de l’élément constructif. Si cette teneur reste en dessous des valeurs limites des décharges, il n’y a éventuellement même pas besoin de procéder à un assainissement. Mais comment calculer la concentration d’un polluant sur l’épaisseur d’un élément de construction ? Et à quoi faut-il faire attention ?

Posted by: Simon Schneebeli; Mardi, 11 aoû